Accueil · Conjugaison · Mis à jour le 28 août 2026

Conjuguer le verbe être à tous les temps

Le verbe être est le plus fréquent de la langue française, juste devant avoir. On l'emploie pour décrire un état (« je suis fatigué »), une identité (« elle est médecin »), une localisation (« nous sommes à Paris »), mais aussi comme auxiliaire pour former les temps composés de nombreux verbes. Autant dire qu'il vaut la peine de le connaître parfaitement. Bonne nouvelle : il est irrégulier, mais tellement courant qu'on le retient vite, à force de le rencontrer.

Le verbe être au présent

Commençons par le temps de référence. Au présent de l'indicatif, être se conjugue ainsi : je suis, tu es, il/elle est, nous sommes, vous êtes, ils/elles sont. C'est la base à maîtriser en priorité, car toutes les autres formes composées s'appuient sur elle.

Deux formes méritent une attention particulière. La deuxième personne du singulier, tu es, se prononce comme le son « è » et ne prend jamais de s final au présent — à ne pas confondre avec l'impératif « sois ». Quant à vous êtes, il fait partie des rares verbes qui ne se terminent pas par -ez à la deuxième personne du pluriel, aux côtés de faites et dites.

Le piège classique : « il est » (verbe être) et « et » (conjonction) se prononcent presque pareil mais n'ont rien à voir. Testez : si vous pouvez remplacer par « était », c'est le verbe. « Il est parti » → « il était parti » : cela fonctionne, on écrit donc est.

Le verbe être au passé composé

Le passé composé d'être se construit avec l'auxiliaire avoir — et non avec lui-même — suivi du participe passé été, qui reste invariable. Cela donne : j'ai été, tu as été, il/elle a été, nous avons été, vous avez été, ils/elles ont été.

Beaucoup d'apprenants s'étonnent qu'être se conjugue avec avoir : « j'ai été malade » et non « je suis été malade ». C'est ainsi, et le participe été ne s'accorde jamais. Retenez cette forme telle quelle, elle ne réserve aucune surprise ensuite.

Le verbe être à l'imparfait

L'imparfait est l'un des temps les plus utiles pour être, car on décrit souvent un état passé qui dure : j'étais, tu étais, il/elle était, nous étions, vous étiez, ils/elles étaient. Le radical ét- reste stable à toutes les personnes, ce qui rend ce temps particulièrement régulier une fois le radical connu.

« J'étais fatigué, il faisait nuit, et la maison était silencieuse. » L'imparfait plante ici tout un décor : c'est sa fonction naturelle avec le verbe être.

Le verbe être au futur simple

Au futur, le radical change et devient ser- : je serai, tu seras, il/elle sera, nous serons, vous serez, ils/elles seront. Ce radical irrégulier se retrouve au conditionnel, il vaut donc doublement la peine de le mémoriser.

Attention à ne pas confondre je serai (futur, terminaison en son « é ») et je serais (conditionnel, terminaison en son « è »). L'astuce du « demain » tranche : « Demain je serai prêt » relève du futur ; « Je serais prêt si… » relève du conditionnel.

Le verbe être au conditionnel et au subjonctif

Le conditionnel présent réutilise le radical ser- avec les terminaisons de l'imparfait : je serais, tu serais, il/elle serait, nous serions, vous seriez, ils/elles seraient. On l'emploie pour exprimer une hypothèse ou une politesse : « Ce serait aimable de votre part. »

Le subjonctif présent, lui, s'introduit souvent après « que » : que je sois, que tu sois, qu'il/elle soit, que nous soyons, que vous soyez, qu'ils/elles soient. On le rencontre dans « il faut que tu sois à l'heure » ou « je veux qu'elle soit heureuse ». Enfin, l'impératif reprend ces formes : sois, soyons, soyez.

Être comme auxiliaire

Au-delà de ses propres conjugaisons, être sert d'auxiliaire pour former les temps composés d'un groupe de verbes : les verbes de mouvement ou de changement d'état (aller, venir, arriver, partir, naître, mourir, tomber, rester…) et tous les verbes pronominaux (se laver, se souvenir). Dans ce cas, le participe passé s'accorde avec le sujet : « elle est partie », « ils sont venus ». C'est une différence majeure avec l'auxiliaire avoir, et un point que nous détaillons dans notre guide sur l'accord du participe passé.

Le participe présent et les expressions courantes

Deux formes complètent le tableau. Le participe présent d'être est étant (« étant donné les circonstances »), et le gérondif en étant s'emploie plus rarement. Le participe passé été, lui, ne varie jamais, ce qui simplifie tous les temps composés.

Le verbe être nourrit par ailleurs une foule d'expressions figées qu'il vaut la peine de connaître : être en train de (action en cours), être sur le point de (futur proche), c'est-à-dire, il était une fois, n'est-ce pas. Dans ces tournures, le verbe garde sa conjugaison régulière : on écrit « nous étions en train de partir », « ce sera bientôt fini ». Repérer ces blocs tout faits accélère nettement l'expression, à l'oral comme à l'écrit.

Une méthode pour l'ancrer

  1. Récitez à voix haute le présent et l'imparfait jusqu'à ce qu'ils viennent sans réfléchir.
  2. Mémorisez le radical ser- une bonne fois : il déverrouille futur et conditionnel d'un coup.
  3. Écrivez cinq phrases personnelles à des temps différents (« hier j'étais… », « demain je serai… »).
  4. Reprenez ces phrases quelques jours plus tard : la répétition espacée fixe durablement l'acquis.

En travaillant ce verbe unique, vous progressez sur bien plus qu'une conjugaison : vous posez les fondations de tous les temps composés du français.

Pour vérifier une forme :