Les figures de style expliquées avec des exemples
Une figure de style est un procédé d'écriture qui donne au langage plus de force, d'image ou de musicalité que le mot juste et neutre. On les rencontre partout : dans la poésie et le roman, bien sûr, mais aussi dans la publicité, les chansons et les conversations quotidiennes. Les reconnaître aide à mieux lire les textes ; les employer à propos donne du relief à ce que l'on écrit. Voici les principales, définies simplement et illustrées.
Les figures d'analogie : rapprocher deux réalités
Ces figures créent un lien entre deux éléments pour éclairer l'un par l'autre.
La comparaison
La comparaison rapproche deux réalités à l'aide d'un mot-outil (comme, tel, ainsi que, ressembler à). L'outil est visible, c'est ce qui la distingue de la métaphore. Exemple : « Elle est douce comme un agneau. » On voit clairement le comparé (elle) et le comparant (un agneau) reliés par « comme ».
La métaphore
La métaphore fait le même rapprochement, mais sans mot-outil : elle identifie directement les deux réalités. « Cet homme est un lion. » Le lien est sous-entendu, ce qui rend l'image plus dense. Filée sur plusieurs phrases, elle devient une métaphore filée.
La personnification
La personnification attribue à une chose, un animal ou une idée des comportements humains. « Le vent hurlait dans la nuit. » Le vent ne hurle pas au sens propre : on lui prête une action humaine pour rendre la scène vivante.
Les figures de substitution : dire autrement
La métonymie
La métonymie remplace un mot par un autre qui lui est logiquement lié : le contenant pour le contenu, l'auteur pour l'œuvre, le lieu pour l'institution. « Boire un verre » (le contenant pour la boisson), « lire un Zola » (l'auteur pour le livre).
La périphrase
La périphrase remplace un mot par une expression qui le décrit. « La Ville Lumière » pour Paris, « le roi des animaux » pour le lion. Elle évite la répétition et ajoute une nuance.
L'euphémisme
L'euphémisme atténue une réalité déplaisante. « Il nous a quittés » pour « il est mort ». À l'inverse, la litote dit peu pour suggérer beaucoup : « Ce n'est pas mauvais » signifie souvent « c'est excellent ».
Les figures d'insistance et d'opposition
L'hyperbole
L'hyperbole exagère pour frapper l'esprit. « Je meurs de faim », « un bruit à réveiller les morts ». On ne la prend pas au sens littéral : elle amplifie pour marquer.
L'anaphore
L'anaphore répète un même mot en tête de plusieurs phrases ou vers, pour marteler une idée. « Moi président, je… Moi président, je… » Le rythme crée l'insistance et reste en mémoire.
L'antithèse et l'oxymore
L'antithèse oppose deux termes ou deux idées dans une même phrase : « Ici tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » L'oxymore va plus loin en accolant deux mots contradictoires : « une obscure clarté », « un silence assourdissant ».
La gradation
La gradation range plusieurs termes selon une intensité croissante (ou décroissante) : « Va, cours, vole… » Chaque mot renchérit sur le précédent.
Les figures de sonorité
Deux procédés jouent sur les sons. L'allitération répète des consonnes (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »), l'assonance répète des voyelles. Ces répétitions créent une musique qui souligne le sens ou l'atmosphère du passage.
Une figure de style n'est jamais un ornement gratuit : elle dit quelque chose que le mot neutre ne dirait pas. La reconnaître, c'est comprendre l'intention de l'auteur.
Quelques figures à connaître aussi
D'autres procédés reviennent souvent dans les textes et méritent une place dans votre répertoire :
- La comparaison négative ou l'ironie : l'ironie consiste à dire le contraire de ce que l'on pense, en le laissant entendre. « Quel beau temps ! » sous une averse.
- L'allégorie : elle représente une idée abstraite sous une forme concrète, souvent une figure. La Mort armée d'une faux, la Justice tenant sa balance.
- Le chiasme : il croise les termes selon un schéma AB / BA. « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. »
- L'énumération : elle accumule des termes pour donner une impression d'abondance ou de désordre. « Des livres, des cahiers, des crayons, des cartes… »
On distingue traditionnellement quatre grandes familles de figures : les figures d'analogie (comparaison, métaphore, personnification), de substitution (métonymie, périphrase), d'insistance et d'opposition (hyperbole, anaphore, antithèse, gradation) et de sonorité (allitération, assonance). Ranger une figure dans sa famille aide autant à la retenir qu'à comprendre son effet.
Comment les mémoriser
- Regroupez-les par famille (analogie, substitution, insistance, sonorité) plutôt que de les apprendre en vrac.
- Associez à chacune un seul exemple court et frappant : c'est l'exemple qui fixe la définition.
- Repérez-les dans vos lectures : chaque figure identifiée « en vrai » s'ancre bien mieux qu'une fiche.
Connaître les figures de style, ce n'est pas empiler des mots savants : c'est disposer d'un vocabulaire pour nommer précisément ce qui rend un texte beau ou percutant. Et, peu à peu, s'en servir pour écrire mieux soi-même.
- Définitions et étymologies — CNRTL : cnrtl.fr
- Académie française — « Questions de langue » : academie-francaise.fr